Comment fonctionne la commission de courtage en assurance
Publié le 22 mars 2026
Le principe : un pourcentage de la prime
Le courtier en assurance est rémunéré par la compagnie, pas par le client. Sa commission correspond à un pourcentage de la prime HT encaissée par l'assureur. Ce taux est fixé dans la convention de courtage signée entre le courtier et chaque compagnie.
Concrètement, quand un client paie 1 000 € de prime annuelle et que le taux de commission est de 15 %, le courtier perçoit 150 €. La compagnie reverse cette somme au courtier selon un calendrier défini au contrat.
Commission d'acquisition et commission de renouvellement
Il existe deux types de commissions, et la distinction compte.
Commission d'acquisition
Versée à la souscription d'un nouveau contrat. Elle récompense l'apport de l'affaire. Son taux est généralement plus élevé que celui du renouvellement. Sur certaines branches, elle peut atteindre 20 à 30 % de la prime.
Commission de renouvellement
Versée chaque année tant que le contrat reste en portefeuille. Le taux est plus bas — souvent entre 5 et 15 % — mais c'est elle qui construit le revenu récurrent du cabinet. Un portefeuille mature génère l'essentiel de son chiffre d'affaires via les renouvellements.
Certaines conventions prévoient un taux unique, identique en acquisition et en renouvellement. D'autres appliquent un taux dégressif sur les premières années.
Taux moyens par branche
Les taux varient selon la branche d'assurance et la compagnie. Voici des ordres de grandeur courants.
- Auto : 8 à 15 % en acquisition, 5 à 10 % en renouvellement
- MRH (multirisque habitation) : 10 à 20 %
- Santé collective : 5 à 12 %, souvent avec un commissionnement fixe par tête
- RC professionnelle / multirisque pro : 12 à 25 %
- Prévoyance : 10 à 20 % en acquisition, 5 à 10 % en renouvellement
Ces fourchettes sont indicatives. Le taux réel dépend du volume apporté, de l'ancienneté de la relation et des négociations propres à chaque convention.
Quand la commission est-elle versée ?
La périodicité dépend de la compagnie. Les modèles les plus fréquents :
- Mensuel : la compagnie reverse chaque mois les commissions sur les primes encaissées le mois précédent.
- Trimestriel : versement groupé tous les trois mois. Fréquent chez les assureurs de taille moyenne.
- À terme : la commission est versée à l'échéance du contrat, une fois la prime encaissée en totalité.
Le bordereau de commissions accompagne chaque versement. C'est le document qui détaille contrat par contrat le montant reversé. Le pointer systématiquement est indispensable : les erreurs de commissionnement sont fréquentes.
Les pièges à surveiller
Plusieurs situations entraînent des écarts entre la commission attendue et la commission réellement perçue.
- Résiliation en cours d'année : la compagnie reprend la part de commission correspondant à la période non couverte (ristourne).
- Impayé client : pas de prime encaissée, pas de commission. Certaines compagnies reprennent aussi la commission déjà versée.
- Changement de taux : une compagnie peut modifier ses barèmes lors du renouvellement de la convention. Vérifiez vos avenants.
- Erreur de bordereau : un contrat omis, un taux mal appliqué, une date d'effet erronée. Sans pointage rigoureux, ces écarts passent inaperçus.
Suivre ses commissions : une nécessité
La commission de courtage est le chiffre d'affaires du cabinet. Pourtant, beaucoup de courtiers ne pointent pas leurs bordereaux, ou le font en retard. Le résultat : des écarts qui s'accumulent et de l'argent perdu.
Un suivi efficace repose sur trois actions simples : réceptionner chaque bordereau dès réception, le rapprocher du portefeuille contrat par contrat, et relancer la compagnie sur chaque écart identifié. Plus le pointage est régulier, moins les anomalies s'accumulent.
